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Guide pour la mise en place des
Systèmes d’Information Urbains Populaires

par Marian Zeitlin, Mamadou Gaye et Ndèye Fatou Diop

 

1. Introduction
2. Les Systèmes d'Information Populaires
3. Quatre scénarios de création d’un SIP
4. Les études socio-démographiques et sectorielles
5.La culture de gestion et de maintenance
6.Formation
7.La mise en œuvre du SIP
8.L'autonomie financière du SIP
9. Conlusion

 

1. Introduction.

Ce guide sur la création d’un Système d'Information Populaire (SIP) est basé et illustré avec les exemples de l’expérience du SIP pilote de Yoff, commune de Dakar, Sénégal, et de deux autres communes de Dakar: Hann-Bel Air et Parcelles Assainies. Par des méthodes de formation en cascade des formateurs, les jeunes webmasters du milieu populaire du SIP de Yoff ont formé les jeunes des autres communes, tout en les aidant dans la création de leur SIP. Les communes de Yoff et Hann-Bel Air sont composées d’anciens villages traditionnels de pêche de l’ethnie Lebou, peuple autochtone de la Région de Dakar, tandis que la commune des Parcelles Assainies fut créée pour lutter contre la pauvreté.

1.1 Historique et Cadre Institutionnel des SIP de Dakar

En 1997, l’organisation communautaire de base (OCB) de l’ancien village de Yoff, l’Association pour la Promotion Economique, Culturelle et Sociale de Yoff (APECSY) et la nouvelle Commune d’Arrondissement de Yoff - Dakar (CAY), créée avec la décentralisation, se sont liées par la réalisation d’un programme conjoint de développement durable, le Programme Eco communautaire de Yoff (EcoYoff). En novembre 1997, ce programme a mis en œuvre un SIP avec l’appui de l’UNITAR (Institut des Nations Unies pour la Formation et la Recherche), et depuis cette initiative, ils ont consolidé et élargi le SIP avec l’aide de la Fondation du Devenir (FdD), VECAM (Veille européenne et citoyenne sur les autoroutes de l’information et le multimédia) et le Fonds Francophone des Info routes (FFI), sous la supervision de l’Agence Régionale de Développement de Dakar (ARD). Au cours de cette consolidation, le SIP de Yoff a également donné à l’ARD une assistance technique pour la réalisation de la page SIU central de la Région de Dakar.

En février 1999, en appui institutionnel aux projets d’EcoYoff, APECSY et la Commune, la direction d’EcoYoff incorpora l’ONG Centre de Ressources pour l’Emergence Sociale Participative (CRESP), Sénégal (NINEA : 0333758). Et en janvier et février 2000, le SIP de Yoff, chapeauté par CRESP, et doté de l’accréditation de l’ARD pour l’extension du SIP, a formé les formateurs et webmasters de deux communes de Dakar, Hann Bel Air et les Parcelles Assainies, et les a aidés à mettre en place leurs propres pages web et leurs cellules de gestion SIP.

Sur le plan institutionnel, en février 2000, CRESP a regroupé ses projets Internet et informatiques, y compris le SIP, sous un nouveau programme intitulé Utilisation des Nouvelles Informations et Technologies pour l’Emergence Culturelle (UNITEC). L’UNITEC a comme mission d’augmenter la participation des populations et des cadres locaux dans le monde global de l’Internet et dans l’utilisation des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) puissantes en gouvernance locale, culture, développement, commerce, communication, et pour la création d’emploi. Avec le SIP, UNITEC réalise plusieurs autres projets, dont le plus grand donne un appui technique pour la création des centres de ressources en base de données/pages web sur le développement de la petite enfance, au niveau des ministères d’éducation nationale des pays francophones d’Afrique, avec l’appui de la Banque Mondiale.

Le deuxième programme de l’ONG CRESP (EcoYoff), s’articule autour des composantes suivantes de la durabilité : (1) culture et spiritualité, (2) éducation et formation, (3) économie et sécurité alimentaire, (4) santé, population et nutrition, et (5) environnement et infrastructure. EcoYoff vise les objectifs suivants :

  • Créer à Yoff un centre d’excellence et un laboratoire de recherche action en matière de développement éco-communautaire sous la forme d’une structure d’études, recherche et formation qui sera au service de la communauté mondiale.
  • Protéger, soutenir et promouvoir à Yoff une éco-communauté qui servira de modèle par l’adoption d’approches viables pour réaliser un développement durable en l’an 2020.
  • Développer les échanges entre Yoff et d’autres communautés ayant des objectifs similaires.

1.2 Le projet SIP

Ce guide présente les principes qui nous ont servi pendant l’expérience de créer les trois premiers SIP de Dakar. Comme l’un des principaux objectifs des SIP est de se baser dans les communautés urbaines de moyens limités pour lutter contre la pauvreté, nous avons essayé d’adapter le plus possible la culture élitiste de l’Internet aux réalités financières et humaines de nos communautés. Nous présentons ici les cotés positifs du développement du projet sous le titre de " vraies économies". En même temps, les modalités disponibles pour réduire les coûts en informatique ne sont pas toutes applicables pour un tel projet. Nous avons heureusement réussi à éviter les erreurs qui auraient empêché la réussite provisoire du projet, tout en tombant dans plusieurs autres pièges. Nous listons les pièges à éviter sous le titre de " fausses économies".

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2. Les Systèmes d’Information Urbains Populaires (SIP).

2.1 Généralités

Les objectifs visés dans la création d’un SIP sont:

La mise en place d’un flux d’information entre les autorités locales et ses services techniques, les associations et commerçants de base et les populations et le secteur privé;

La définition des cadres d’analyse et de recherche populaire (pratique des acteurs sur la gestion urbaine et dialogue entre société civile et autorités locales / pouvoirs publics);

L’identification des problèmes et des éléments de lutte contre la pauvreté et de mesure du progrès accompli pour un changement social significatif.

2.2 La mise en place au niveau des communes d’arrondissement

Les structures et activités prévues

Dans chaque commune, la Base du SIP, associée à la Mairie, est connectée à l'Internet par l’intermédiaire d’un prestataire de services local (à Dakar l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD)). La Base du SIP abrite idéalement un modeste laboratoire pour la mise à jour du SIP, et un Cybercentre SIP, qui donnent l’accès populaire payé aux tarifs communautaires à l’Internet et à l’email, ainsi que la consultation gratuite et la mise à jour de la page web SIP contenant des bases de données sur la commune. Un des webmasters/techniciens de la Base est détaché à la Mairie pour l’initiation du personnel administratif et des élus, en informatique, et l’animation de l’utilisation des informations de la page pour la planification municipale, ainsi que la collecte continue des informations municipales pour alimenter la page.

La page SIP est également installée dans les ordinateurs n’ayant pas de connexion Internet, au niveau de la Mairie et des autres associations, tels que les centres sociaux, les centres d’information municipaux et de tourisme, et à l’aéroport. Les pages d’information du SIP peuvent également être installées dans les institutions scolaires, les ONG, etc.

Avec le temps, plusieurs Cybercentres SIP s’installent dans la commune, à des endroits fréquentés par la population. Il s'agit des télé centres/business centres privés - échoppes offrant un accès à l'Internet et au téléphone, et quelques fois à la télécopie, photocopie et traitement de texte. Chaque Cybercentre SIP est doté d’un ou de plusieurs ordinateurs et lignes téléphoniques, et de la capacité de gérer un email populaire à moindre coût.

Cette page d’information accessible par l’Internet et dans les ordinateurs, est préparée dans sa première phase dans un atelier de formation de 3 à 4 semaines, à partir des données déjà disponibles ou collectées par les webmasters ou les enquêteurs populaires formés dans le cadre du SIP. La même formation sert à assurer l’autonomie de la nouvelle base SIP et à créer la capacité d’une équipe de nouveaux webmasters/formateurs pour aider d’autres communes dans la réalisation de nouveaux SIP.

La page est désormais alimentée et animée à partir de la Base (Ecoyoff) par le groupe d’informaticiens formés en programmation de pages web pendant la création de leur page. Ces webmasters/animateurs mettent à jour la page web en rédigeant et en saisissant les données collectées soit par leur propre équipe soit par des enquêteurs populaires qui subissent une formation spécifique. Peu à peu, le SIP assume son autofinancement en offrant dans un esprit plutôt communautaire, et non commercial, le courrier électronique, des consultations de l’Internet et la création et l’hébergement de pages publicitaires sur l’Internet pour les commerçants et autres services de la commune. Ceux-ci s’abonnent à un annuaire commercial SIP à partir duquel ils peuvent acheter ces pages. Les webmasters de l’atelier s'occupent de la vente, la création et la programmation de ces pages.

Dans le scénario de démarrage, le techniciens du SIP font périodiquement le tour de tous les ordinateurs abritant le SIP pour alimenter et mettre à jour les pages à partir des disquettes, ou d’un lecteur externe et des disquettes zip. Ceux qui s’abonnent au courrier électronique (e-mail) se présentent à la Base pour accéder à leur compte. Si les moyens le permettent, il est souhaitable de lier les Cybercentres SIP en réseau local avec un SIU central de la Région et/ou de la ville.

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3. Les quatre scénarios de création d’un SIP

D’une part, il n’existe pas qu’une seule approche SIP appropriée à tous les milieux urbains. D’autre part, il vaut mieux démarrer un SIP en construction, avec peu de données, notamment les principales informations sur la Mairie, le conseil municipal, quelques secteurs d’activités importants et l’historique de la commune, plutôt que d’attendre la collecte des données en profondeur.

Nous suggérons quatre stratégies alternatives, selon la disponibilité de l’information sur les structures socio-culturelles et l’avancement des technologies de l’information et de l’Internet dans la collectivité locale. Ces informations, technologies, connaissances techniques et l’accès aux équipements informatiques et à l’Internet sont supposés progresser rapidement. Par conséquent, l’application de la première approche qui est pour les milieux de culture orale peu avancés techniquement et avec peu de documents disponibles, donnerait priorité à la seconde et à la troisième approches pour les collectivités les plus avancées techniquement, au fur et à mesure que le SIP s’étend.

Approche I – l’exemple du SIP pilote de Yoff :   Ce scénario est recommandé, si les moyens le permettent, pour le premier SIP d’une communauté de culture traditionnelle orale ayant peu d’équipements téléphoniques, des rues sans nom et des bâtiments non-numérotés, et se trouvant dans les balbutiements de l’Internet, la gestion des bases de données et le développement de réseaux. Dans cette situation, même les catégories d’information pertinente et les formats de présentation aptes à représenter la culture de base sont à découvrir. Ce scénario, le plus intensif, nécessite l’intégration d’un processus exploratoire de recherche-action dans la collecte et la préparation des données.
   Tandis qu’il est bien possible de mettre en œuvre une petite page pauvre en informations pour une telle collectivité, le SIP a un grand intérêt à mettre en valeur la richesse de la culture traditionnelle par le processus décrit ci-après dans la section Recherche-action dans l’exemple de Yoff.

Approche II – l’exemple du SIP des Parcelles Assainies : Ce scénario s’applique à un milieu pauvre en informations, semblable au scénario I, mais où la culture, les catégories d’information et les formats de présentation sont déjà connus. La disponibilité des informations aux Parcelles Assainies en 2000 est légèrement plus avancée qu’à Yoff en 1997, mais la pénurie d’informations persiste. La différence principale entre les approches I et II est que la culture et les catégories d’information à collecter aux Parcelles Assainies sont presque les mêmes qu’à Yoff. Il est donc possible de partir des questionnaires et formats de présentation déjà créés à Yoff pour y substituer les données du nouveau SIP. On retient le besoin des enquêtes pour collecter les informations mais à partir des questionnaires et tableaux disponibles, et avec un encadrement assez simple des enquêteurs, qui peuvent être du groupe des webmasters.

Approche III – l’exemple du SIP de Hann – Bel Air : Ce scénario est recommandé aux communes ayant une cellule informatique établie ; des quartiers assez bien documentés, des bases de données plus ou moins fonctionnelles tels que les annuaires téléphoniques et les listes des associations ; et des individus, fédérations associatives, groupements d’intérêt économique ou ONG aptes à gérer le SIP sous la supervision de la collectivité. Dans cette situation, la même équipe de jeunes formés en pages web et gestion d’un SIP peuvent faire la collecte et la programmation des données, ou envoyer d’autres jeunes pour la collecte des données qui manquent, sans une formation préalable.

Approche IV : Cette approche s’applique dans les collectivités de gouvernement local ayant un centre ressource informatique qui gère déjà des bases de données et une page web, et ayant un développeur de pages web hautement qualifié à mettre à la disposition du projet. Les activités du SIP peuvent atteindre de nouveaux sommets, avec la prestation des informations et actualités du jour. Une formation à la programmation des pages web n’est plus nécessaire. Par contre, on peut mettre l’accent sur la standardisation des activités et les réseaux de communications entre les différentes collectivités et la présentation des informations les plus utiles et à jour pour la planification et l’aménagement urbain.

Les spécificités des trois premières approches

Les 52 collectivités locales (dont 44 communes d’arrondissement) de la Région de Dakar datent du décret de décentralisation de 1996, dont la mise en œuvre ne date que de 1997. En conséquence, la définition et la documentation sur les commissions, les services et procédures de ces nouvelles communes ne sont pas encore complètes ; et les conditions préalables à la création d’un SIP du niveau III ne sont pas encore en place en février 2000.

Ce guide se limite à nos expériences avec les trois premières approches. Comme la plu part des démarches sont les mêmes entre les trois approches, nous signalons dans le texte qui suit celles qui diffèrent – surtout les raccourcis possibles dans les approches II et III. Et comme les Parcelles Assainies et Hann-Bel Air débutent à peine leurs pages d’introduction au moment où nous écrivons ce guide, nous utilisons l’expérience de Yoff pour illustrer les aspects qui ne sont pas encore bien connus ou développés dans ces deux communes.

3.1   Profil urbain de Yoff

En tant qu’exemple d’une commune peu développée lors de la création du SIP en 1997, Yoff se caractérisait par :

  • une population démunie en téléphones (environ 1/5 ménages), donc d'un annuaire téléphonique qui représente la population. Celui qui existe liste moins de 20% des structures, des établissements, et des associations qui doivent être représentés dans la base de données ;
  • une société pauvre en matière d'archives et de documents écrits, ce qui est dû à la forte tradition orale ; ainsi, la plu part des informations historiques et culturelles avaient besoin d’être documentées pour la première fois ;
  • une population bi modale (d’environ 50000 habitants)
  • un ancien village de pêcheurs composé de 7 quartiers sans noms de rue ni numéros de bâtiments ;
  • 27 cités nouvelles et modernes ;
  • l’aéroport international Yoff - Léopold Sédar Senghor de Dakar;
  • une culture et une structure de gouvernance locale traditionnelle vieille de six siècles, très riche en informations non recensées auparavant ;
  • un centre de sites sacrés pour l’Islam et pour la culture autochtone des Lébous ;
  • une vie associative très dynamique avec une association de base communautaire regroupant toutes les forces vives de Yoff, des associations sportives et culturelles, un foyer des jeunes, deux bibliothèques, des dizaines de groupements d’intérêt économiques, des tontines, et bien d'autres structures encore ;
  • une économie fondée surtout sur la pêche artisanale et des activités halieutiques.

3.2 Personnel assigné au projet

Nous présentons ici le profil du personnel du SIP pilote de Yoff, leur formation ainsi que le fonctionnement de nos structures de gestion. Comme personnel minimum de démarrage, nous suggérons aux deux autres communes un modèle de base de SIP dirigé et alimenté par trois webmasters polyvalents, dont un(e) responsable – coordinateur(trice), un(e) détaché(e) au maire et au conseil municipal, et un(e) chargé(e) de la saisie des textes. De plus, le SIP aurait besoin d’un ou de plusieurs jeunes disponibles pour la collecte des informations et la vente d’adresses sur la page, d’un photographe, et des services ou des conseils d’un comptable et d’un assistant(e) technique périodique dans la gestion d’un SIP et la maintenance et réparation des ordinateurs. Dès l’introduction des services cybercentre, chaque Cybercentre SIP aura besoin d’au moins un(e) responsable en permanence.

La quantité de travail nécessaire à la création et le perfectionnement d’une page web d’introduction dans une communauté urbaine à faibles revenus, démunie d’information, nécessite la formation d'une équipe dynamique, polyvalente, fluide, et mobile.

En tant que centre de formation, nous avons à Yoff une équipe d’autres webmasters polyvalents, des stagiaires, et quatre jeunes enquêteurs qui travaillent à la tâche quand le SIP a besoin de leurs services. Un des webmasters est spécialiste en Java et autres techniques de programmation avancée, un est technicien en informatique, un autre est chargé de la collecte et la mise en forme des informations et de la coordination des enquêteurs/agents de vente, etc. Tous sont formés et expérimentés comme formateurs en programmation des pages web en FrontPage et en création des pages SIP. Vu la rentabilité de la programmation des pages web par le personnel d’un SIP et le besoin du rayonnement des SIP, nous suggérons à toutes les nouvelles équipes SIP que nous formons de prévoir le développement des capacités semblables aux nôtres.

 

Comités

Pour le SIP pilote de Yoff deux comités ont été constitués : un Comité Scientifique et Technique (CST) et un Comité de Coordination Locale (CCL). Bien que ces comités ne se soient réunis en plénière qu’une ou deux fois, leurs membres individuellement et en sous-groupes ont travaillé bénévolement pour le projet d’une façon très active.

Avec le rayonnement du SIP vers les autres communes, il serait peut-être souhaitable d’avoir un CST identique de haut niveau pour appuyer l’ensemble des SIP. Et tant que les autres communes appuient et dirigent leur propre SIP, nous devons prévoir une période d’expérimentation dans leur gestion décentralisée de leur SIP par des comités communaux et associatifs.

Comité Scientifique et Technique du SIP de Yoff

Président d'APECSY, Président de la Commission Municipale, Urbanisme, Infrastructure, Transport, et Tourisme, Directeur d’EcoYoff

Coordinateur du SIG pour EcoYoff

Géographe, Spécialiste en SIU et Planification Urbaine, CSE

Directeur du Projet SIU

Technicien en informatique pour APECSY et EcoYoff

Assistante technique du SIP, spécialiste en méthodes d'enquêtes et traitement de données, Codirectrice, EcoYoff

Conseiller Municipal, Assainissement, Président de la Zone 6 qui regroupe toutes les associations culturelles et sportives (ASC) de Yoff

Ingénieur cartographe, Service Géographique de Dakar.

 

Comité de Coordination Locale

Vice-président de l’APECSY

Commission Cadre de vie (APECSY)

Représentants du Conseil Municipal

Représentant du Foyer des Jeunes et de la Culture

Représentant de la Caisse d’épargne et de crédit de Yoff

Représentant de la Mutuelle d’épargne et de crédit de Yoff

Président Comité de santé (Poste de Ndénatte)

Président Comité de santé (Philippe M. Senghor)

Médecin chef du District Ouest

Représentant de la Police Municipale

Représentant de la Police Nationale

Représentant du Service d’hygiène

Représentant de l’Union Locale des pêcheurs

Représentant du regroupement des mareyeurs

Représentant du poste de santé de Ndénatte

Autorité coutumière (FREY)

Directeur de l’école Talla Diagne

Institutrice à l’école Tafsir Ndiaga GUEYE

Directeur de l’école Yakaïcha

Directeur du CPRS

Directeur de l’école Franco-arabe

Directeur de l’école Diamalaye

Directeur du CPSML

Directrice du centre préscolaire, La Normalienne

Directeur de l’école Yoff 4

Représentants des sept quartiers du village traditionnel de Yoff

Les responsables de la mise en place de nouveaux SIP peuvent évaluer notre structure et la comparer à leurs besoins en étudiant l’architecture et le contenu de notre site web, www.siup.sn, et les sites d’introduction des deux autres communes. Ils pourront ainsi calculer le volume d’information dont ils auront besoin par rapport aux informations déjà disponibles. Dans des communautés déjà riches en information, une petite équipe suffira pour la collecte continue et la présentation de toutes les données nécessaires.

3.3 Le plan de travail et la présentation des étapes

Les étapes de création du SIP de Yoff, site pilote pour la Région de Dakar, suivent le plan de travail dans la colonne de gauche. A partir des acquis de cette première expérience, nous avons développé une procédure moins coûteuse et plus efficace dans la colonne de droite. La principale différence entre les deux procédures s’explique par l’utilisation de la page de Yoff comme trame dans la formation des communes subséquentes et la création de leurs pages d’introduction pendant la formation par une stratégie de remplacement des données de Yoff par les données des nouvelles communes. Il faut ajouter que d’après l’expérience des trois premières communes, toutes ces procédures vont continuer à évoluer dans la pratique et elles seront beaucoup plus facilitées par le rayonnement rapide des services Internet dans les grandes villes dans les années à venir.

Scénario I

Scénarios II et III

1. Sensibilisation et recrutement:

1. Sensibilisation et recrutement:

2. Sélection du personnel

2. Sélection du personnel

3. Formation des webmasters-animateurs

3. Instructions sur les informations requises pour chaque SIP, basées sur la page abrégée du premier SIP qu’ils remplaceront dans leur formation. Distribution des questionnaires au besoin

4. Formation des enquêteurs dans une recherche- action de recensement des types de données disponibles, pertinents et recherchés par la population, et les formes les plus appropriées pour leur collecte et présentation dans les pages

 

5. Création et perfectionnement d'une Page Web d’introduction avec l’aide d’un professionnel

Formation des webmasters – animateurs avec la création simultanée de leur page d’introduction

6. Collecte et saisie de l’information pour l’annuaire et les rubriques d’information spontanées

Mise en place du SIP d’introduction et appréciation du travail qui reste à faire et les moyens disponibles.

7. Enquête sociodémographique

Formation des enquêteurs au besoin

8. Mise en Place du SIP

Formation de la nouvelle équipe sur la prestation des services payants, email, adresses commerciales et pages web

9. Etude du Marché

 

10. Développement des services générateurs de revenus.

 

3.3.1 Sensibilisation et recrutement des candidats à la formation et l’emploi au SIP

Principes :

La réussite du projet dépend entièrement de la qualité des candidats pour le rôle de webmaster. Le SIP de Yoff a bénéficié d’une grande sensibilisation qui dissémine en même temps les offres de formation et d’emploi avec les critères pour le dépôt des dossiers de candidature.

UNE PREMIERE AU SENEGAL

Un Projet Pour Un Développement Durable

UN SYSTEME INTERNET

D’INFORMATION URBAIN POPULAIRE (SIP)

Le projet pilote pour la Ville de Dakar recrute des Animateurs, des Journalistes Populaires et des Enquêteurs

Dossiers de Candidature

(pour tou(te)s les candidat(e)s)

Une demande manuscrite
Etre résident de Yoff
Avoir un niveau d’étude secondaire
ou universitaire
Agé de 18-35 ans
Un curriculum vitae

(pour les animateurs-trices)

Une formation en informatique
(traitement de texte)
Anglais souhaitable
(pour les journalistes populaires et les enquêteurs)
échantillon d’article ou d’annonce
réalisée personnellement

Le SIP est un projet du Programme EcoYoff pour l’an 2020 de l’APECSY et la Commune de Yoff, avec l’appui des Nations Unies (UNITAR)
Déposition des dossiers et audition entre 18-20 h. du 26 au 30 octobre, au siège de l'APECSY en face du grand marché de Yoff.

La première sensibilisation et le recrutement ont débuté le 23 octobre avec la préparation et la distribution des tracts au Foyer des Jeunes et dans les Associations Sportives et Culturelles (ASC) de tous les quartiers de Yoff. Les membres du CCL ont été convoqués, et l’annonce du projet a été adressée au Maire de Dakar.

Le dépôt des dossiers et les auditions pour les postes d’animateur et de journaliste populaire/enquêteur ont commencé le 26 octobre et ont duré jusqu’au 3 décembre.

3.3.2 Sélection du Personnel

Principes:

préciser les critères spécifiques et les objectifs pour le recrutement et l’adhérence de personnel ;

recruter et former deux fois le nombre de stagiaires webmasters et enquêteurs nécessaire. Ne retenir que ceux qui réussissent des tests objectifs;

faire signer des contrats pour chaque étape du travail, quelle que soit la durée.

Les critères de sélection ont été définis en consultation avec les membres des CST et CCL. Suite à la protestation de certains candidats, nous avons enlevé le critère pour la limite d’âge supérieure. Les critères suivants sont fondés sur la réussite des candidats aux examens de fin de formation et sur la qualité du travail demandé pour le SIP. Avec l’expérience, nous avons abandonné les termes journaliste et journaliste/enquêteur et gardé à leur place le terme enquêteur simple.

Les critères pour les webmasters/animateurs populaires

un niveau d’éducation universitaire si possible (ayant réussi le bac, ou fait au moins une ou deux années d’université) ;

une vitesse de saisie de texte sur l’ordinateur d'au moins 20 mots par minute, avec moins de 3 erreurs;

une formation en informatique qui dépasse le simple traitement de texte;

l’ambition d’être plus qu’un(e) secrétaire, donc des capacités polyvalentes :

pour écrire et rédiger des textes aussi bien que pour les saisir

pour conceptualiser et intégrer des textes nouveaux dans une page web en choisissant le format adéquat

pour animer des groupes devant la page web

Explication des critères

Niveau d’instruction universitaire:

Il est possible que la gestion d’une page bien définie ne nécessite pas un niveau d’instruction si élevé, mais la création d’une page web, véritable vitrine d'une commune avec des bases de donnés cohérentes, même dans les pays industrialisés, est un travail d’universitaire. D’ailleurs beaucoup de jeunes doués qui ont fait au moins un an d’études universitaires habitent les milieux urbains d’Afrique où il se trouvent souvent sous-employés.

Vitesse de saisie de texte:

La durée de la période de formation disponible pour la création du SIP n’est pas suffisante pour la formation de personnes qui ne saisissent pas déjà bien les textes. Ceci est très important à préciser et à expliquer parce que tout le monde ressent le besoin et le droit d’être formé en informatique. En effet, les candidats capables de saisir les textes à une cadence inférieure à 20 mots par minute, presque sans erreur, avant la formation, n’ont pas réussi l’examen de webmaster après 3 semaines de formation.

Une formation en informatique :

Les animateurs ayant réussi l’examen de webmaster avaient une formation antérieure en informatique, ce qui leur a permis d’apprendre rapidement à manipuler le logiciel "Front Page" utilisé pour la conception de pages HTML. Les autres ayant une simple formation en traitement de texte pourront compléter leur formation en HTML, mais dans un délai supérieur à 3 semaines.

Des ambitions et des capacités polyvalentes:

Dans la création du SIP, des textes provenant de la mairie et d’autres structures, avaient besoin de beaucoup de rédaction et de restructuration avant de pouvoir être intégrés dans la page. Le fait d’avoir des webmasters polyvalents à qui on peut confier la responsabilité de ce travail a permis de mettre en place la page.

Le rythme d’arrivée des données et les besoins de détails supplémentaires étaient tels que les webmasters étaient souvent mieux placés pour la collecte des informations qui manquaient que les enquêteurs. En ce qui concerne le texte sur les quartiers (voir " La Vie des Quartiers"), les enquêteurs populaires ont écrit une première série d'articles qui se sont révélés insuffisants. Les animateurs/webmasters ont fait le vrai travail pour compléter ces textes dans un même format, et avec les mêmes informations. Les webmasters ont aussi réussi une formation rapide sur l'animation de "focus groupes" qui leur permet de segmenter le marché pour les produits SIP et de faire la synthèse préliminaire des résultats. Les "focus groupes" sont des discussions de groupes animées par un chercheur sur des thèmes ou problèmes particuliers, connus par le groupe concerné.

Le secrétaire, qui avait débuté avec le projet, avait réussi à la formation technique en page web, mais ne possédait ni l’aptitude ni l’intérêt pour s’impliquer dans le contenu de la page web. Les exigences du projet ont demandé son remplacement par un webmaster polyvalent.

Les critères pour les stagiaires à former comme journalistes/enquêteurs

Nous avons abandonné le titre " journaliste/enquêteur" qui décrit mal la collecte d’informations nécessaires à la création des SIP aux niveaux I à III, mais qui serait apte pour le niveau IV qui ferait un vrai travail de journalisme. Dans nos scénarios, le travail de l’enquêteur s’est presque limité dans un premier temps à une collecte de noms, coordonnées, et fonctions des services et structures publiques et communautaires - informations inexistantes mais nécessaires pour la création d’un annuaire de base.

Comme le titre décrit mal la tâche, les aptitudes des candidats sont loin des compétences journalistiques. Le rôle de l’enquêteur intéresse moins les jeunes que celui de webmaster – animateur du SIP. Ce dernier statut offre une formation en page web prestigieuse, qui se paie cher à Dakar. Donc presque tous les jeunes ayant déjà une formation en informatique ou traitement de textes se présentent comme candidats pour les postes de webmaster. Par rapport à la formation en informatique en milieu populaire très disponible et prisée par la plupart des jeunes les plus doués de Yoff, les cours en journalisme sont inexistants. De ces faits, la plupart des candidats pour les postes d’enquêteurs sont un peu moins exceptionnels du point de vue de leurs compétences globales que les animateurs. Bien que nous ayons eu besoin de confier les travaux journalistiques aux webmasters, nous recommandons les critères suivants pour les enquêteurs :

un niveau d’éducation secondaire ou universitaire

échantillon d’article ou d’annonce réalisés personnellement

un groupe recruté et représentatif de tous les quartiers de la commune

des aptitudes quantitatives, si possible

 

Explication des critères

Niveau d’instruction:

Pour ce groupe un niveau de bac réussi ou universitaire est préférable. Ceux qui possèdent un niveau d'études secondaire s'estiment plus capables qu’ils ne le sont pour la collecte des données simples. Ayant besoin d’un grand nombre de personnes pour le travail de terrain à Yoff, nous les avons tout de même retenus.

Echantillon d’article ou d’annonce réalisés personnellement :

Les articles présentés par les candidats ne sont pas d'un style journalistique très élevé. Néanmoins, ce critère permet de sélectionner un groupe de personnes sachant s’exprimer par écrit en français, tout en nous donnant une idée de leur niveau d’aptitude.

Représentation de tous les quartiers :

Ceci dépend de la disponibilité des données. Si le travail de collecte de données nécessite que les enquêteurs traversent le territoire communal à pied fréquemment, il est préférable de baser tous les enquêteurs dans leurs propres quartiers et de les organiser en équipes semi-autonomes. Etre résident du quartier est aussi important pour le reportage des événements tels que les fêtes, conférences, baptêmes, mariages, etc. Ceci évite également le besoin des frais de transport ou de restauration.

Aptitudes quantitatives:

Il se trouve souvent que les données collectées ont besoin d’agrégation ou d’autre traitement ou analyse. Les enquêteurs n’ayant pas d’aptitude quantitative ont fait plus d’erreurs dans la comptabilisation de leurs données.

Les enquêteurs de Yoff ont soumis des échantillons d’article ou d’annonce. Finalement, tous les 35 candidats ont été retenus pour la formation en recherche-action, vue la quantité de données nécessaires à la création du SIP pilote. Nous les avons répartis en équipes de 5 enquêteurs dirigés par un chef d’équipe pour chacun des quartiers traditionnels. Selon la fiabilité des données collectées, et l’assiduité au travail, quatre enquêteurs ont été retenus en permanence après la collecte des données de base.

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Débuter avec une importante campagne de sensibilisation avec la distribution d’offres de formation et d’emplois ouvertes à tout le monde. Faire suivre ceci par une déposition de dossiers, la revue et l'audition systématique de tous les candidats.

Pour mieux pouvoir indemniser et donc maintenir les équipes du SIP dans les quartiers, il est préférable de les constituer avec des individus polyvalents à qui on peut confier tout le travail de reportage, d’enquêtes, et d'assistance technique dans les projets de la commune et de ses associations.
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3.4 Locaux d'activité.

Sur la terrasse de la mairie, nous avons un Cybercentre SIP, deux petits bureaux pour la direction, une grande salle avec 3 ordinateurs comme atelier de formation, de travail de saisie de textes et de programmation des pages web, et une grande véranda à coté de l’atelier, pour la formation, les réunions de groupes de travail et les forums civils. La page SIP se situe également dans deux ordinateurs de la Mairie et dans notre association de base, APECSY. Une deuxième tentative de créer un cybercentre SIP dans un télécentre au marché central de Yoff n’a pas réussi, à cause de la configuration des locaux, où les lignes téléphonique se trouvent éloignées du petit bureau où est logé l’ordinateur. D’autres cybercentres sont prévus. Les bureaux de CRESP, où nous avons une grande salle de formation, se trouvent dans un bâtiment en face de la Mairie.

3.5 Equipement

Nous avons utilisé 5 à 6 ordinateurs, dont 1 à 4 étaient souvent en panne ou ne fonctionnaient pas correctement. Les causes principales des dégâts sont :

les coupures de courant entraînant la destruction de l’alimentation des ordinateurs, et cela, par manque d’onduleurs ou de prises de sécurité.

le fait de brancher l’équipement fonctionnant avec du 120 Volts sur le 240 Volts sans transformateur ;

l'introduction de virus ;

les aléas (voir la section suivante sur la culture de gestion de l’équipement informatique)

Notes pour l'implémentation

Vraies économies

Nous avons réussi à économiser par les démarches suivantes:

Acheter et créer des clones;

Augmenter la capacité des machines déjà disponibles;

Acheter un lecteur CD et un lecteur zip externe et les utiliser pour l’installation des logiciels dans les machines qui n’ont pas de lecteurs de CD;

Acheter une imprimante matricielle, et trouver les cartouches d’encre à un prix bas dans certains marchés;

Faire des photocopies à prix réduit à cause du volume de travail, au lieu d’imprimer de multiples copies;

Relier les prises de courant à la terre.

Fausses économies

L’achat d’un minimum d’onduleurs, disques zip, et autres systèmes pour sauvegarder nos données;

Le manque de logiciels antivirus qui se renouvellent à partir de l’Internet ; ou de connexions pour les renouveler

La budgétisation d’un nombre d’ordinateurs juste suffisant pour une base et 2 SIP n’aurait pas suffi pour la création du SIP. Nous avions heureusement la possibilité d’augmenter l’équipement fourni par le projet avec des ordinateurs déjà disponibles;

L’achat d'ordinateurs peu modernes et peu puissants. L’achat d’un pentium fut nécessaire à la place de l’ordinateur 486 prévu. Sans cela nous n’aurions pas pu mettre en place les pages web.

Cette augmentation est accentuée par le fait que:

l’environnement technique de l’Internet est un environnement élitiste, même dans un pays pauvre;

les logiciels de création de pages HTML demandent un environnement Windows95;

les pages web ne peuvent pas être téléchargées à une vitesse normale sans machines puissantes.

Les autres fonctions prévues pour le SIP demandent en plus :

l’analyse des données d’enquêtes

un Système d’Information Géographique (SIG)

un Intranet entre les CIP

Il est vrai que les logiciels de programmation HTML et donc de pages web peuvent fonctionner dans un environnement moins avancé que les pentiums avec 32 mega Ram et des disques durs d’un à deux giga. Cependant, le marché pour les pages web détermine les logiciels de création et de formation des pages, l’expertise disponible, et les produits que les webmasters peuvent vendre pour autofinancer le système. Ce marché au niveau de l’équipement et la technologie, même dans les pays pauvres (et peut-être surtout dans les pays pauvres), est un marché de " Mercedes Benz".

En ce qui concerne les antivirus, nous avons attendu trop longtemps pour nous abonner à l’Internet (à part un ancien e-mail) et trouver un prestataire de services bon marché qui héberge en même temps la page web.

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4. Les études sociodémographiques et sectorielles

4.1 Objectifs des études.

Une ou plusieurs enquêtes et études sectorielles ont pour objectifs de décrire les différents secteurs socio-économiques, sanitaires, éducationnels et environnementaux et de déterminer les conditions d’une manière plus précise par quartier : densité de la population, répartition par âge, par sexe, par ethnie, revenu, niveau d’instruction, santé/nutrition, assainissement, type d’aisances, emplacement des sources d’eau potable, type et condition de logement, largeur des rues et ruelles, etc. Ces études se divisent en deux catégories, descriptifs et plutôt journalistiques et enquêtes qui alimentent des bases de donnés statistiques.

4.2 Réalisations des études.

L’équipe de webmasters et enquêteurs a dirigé les études sectorielles descriptives, essentielles à la planification, pour ce qui concerne les activités économiques (la pêche et ses activités connexes, l’agriculture et l’élevage, le tourisme, l’industrie), les activités commerciales (commerces divers, boutiques et autres services), les activités artisanales (les différents corps de métiers), la santé, l’éducation et la formation, la voirie et les transports et le sport et les loisirs.

Une première enquête socio-démographique utilisant des questionnaires a été réalisée sur 700 ménages, dont un échantillon systématique et représentatif de 100 ménages pour chaque quartier de l’ancien village. Le village traditionnel a été sélectionné pour cette première phase de l’enquête pour répondre au besoin prioritaire de régler plusieurs problèmes qui caractérisent les vieux quartiers autochtones de Dakar, tels que le manque d’adressage des rues et des bâtiments ou le manque d’assainissement. Cette enquête recense également la présence des carnets de santé pour les moins d’un an, la malnutrition de 1-5 ans ; le taux d’enfants de chaque groupe d’âge à l’école, ou en apprentissage ; le pourcentage d'hommes et de femmes adultes engagés dans des activités rémunératrices, dans chaque domaine d’emploi ; et les activités communautaires bénévoles dans lesquels s’engage une grande partie du village traditionnel.

Cette première enquête se menait en même temps que la finalisation de la première édition de la page web – ce qui était trop ambitieux. Ces données ne sont pas encore complètement analysées. Entretemps, d’autres enquêtes socio-économiques sur l’assainissement et une étude du marché pour les intrants et produits d’agriculture urbaine ont été complétées en collaboration avec ENDA-RUP. Les résultats détaillés de ces enquêtes se trouvent dans les pages web, sous la rubrique :  Base de données de recherche. 

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5. La culture de gestion et de maintenance

5.1 Mesures de sécurité pour le matériel

Pour les personnes ayant peu d’expérience en informatique et en haute technologie, les procédures de gestion et de protection des ordinateurs sont comme les règles de grammaire dans une langue étrangère. On peut bien les étudier et réussir l’examen - mais l’étude diffère de l’application, et la pratique ne s’apprend pas facilement chez les adultes. Même avec la meilleure volonté du monde, les mêmes erreurs auront tendance à se répéter.

Dans la culture communautaire de Yoff, il existe peu de choses dans les espaces plus ou moins ouverts à tout le monde qui ne doivent pas être partagés par ceux qui se présentent. Et pour ce qui concerne les ordinateurs et l’accès à l’Internet, notre idéal est de toujours mettre les outils d’information à la portée de la communauté. Cependant, les virus et les facteurs inconnus dans les pannes coûteuses des ordinateurs proviennent le plus souvent de l'utilisation et de la manipulation des machines sans une formation adéquate. Ceci nous a fortement fait dépasser le budget initial du projet, et peut nécessiter la mise à disposition de machines sans lecteur de disquettes et sans clavier – avec écrans tactiles pour les milieux hors du laboratoire de programmation.

Vraies économies

Le serveur de la Base

Le serveur est une machine puissante qui :

alimente la page sur l’Internet à distance

maintient à jour la plus grande base de données

maintient les back-ups les plus complets

connecte le réseau à l’Intranet, s’il existe

accueille le système d’information géographique (SIG), si disponible

La règle est donc d'isoler le serveur dans un bureau où n'est admis que le personnel du projet (techniciens et direction).

L’atelier des webmasters

L'atelier des webmasters est le lieu où sont sauvegardés les fichiers sources de la page web et où s'effectue la mise à jour du site. C'est donc un endroit sensible où il est nécessaire d'appliquer les règles suivantes:

créer et afficher les routines de sécurité pour la (les) salle(s) où se trouvent les machines du service informatique des webmasters;

afficher les routines pour la sécurité des machines et le sauvegarde des données

ne donner les clefs de la salle qu’à un ou deux gestionnaires, ayant besoin d’être présents en permanence quand les autres webmasters travaillent -- ou bien établir une rotation de gestionnaires, où un seul sera le responsable pendant chaque semaine;

donner une formation sur le contrôle des virus, la gestion des machines, de leurs câbles et contacts électriques, et la sauvegarde des données;

n’admettre au laboratoire que ceux qui réussissent un examen basé sur le contenu de cette formation;

n'admettre sur les machines que les personnes explicitement autorisées (et qui portent des badges);

n’admettre que les disquettes destinées pour le travail du projet.

installer les logiciels de détection et de nettoyage automatique des virus sur toutes les machines.

formuler des routines strictes pour le comportement dans ces bureaux (celles-ci ont besoin d’être plus strictes que dans les business centres à cause de la quantité des données dans les systèmes d’information).

5.2 La Sécurité des Informations.

Un SIP populaire doit éviter le plus possible la collecte et la gestion des informations confidentielles ou sensibles, tels que par exemple des listes de noms d'individus ayant des problèmes de santé ou appartenant à des partis politiques. Cette information est du domaine privé et doit le rester.

Les informations sur le système sont du domaine public, à la portée de tout le monde. Toutefois, une certaine confidentialité nécessite l’utilisation de mot de passe, qu’un atelier de webmasters polyvalents peut difficilement se permettre à cause des problèmes d’accès au travail et de supervision.

Cependant des problèmes de confidentialité relatifs à la propriété de l'information peuvent se présenter, en particulier pour les données à valeur commerciale. Une stratégie d'accès à cette information devra être étudiée afin d'éviter une discrimination entre utilisateurs riches -- c’est à dire tous ceux qui peuvent accéder à l’Internet -- et utilisateurs pauvres. Il est suggéré que les informations confidentielles soient sauvegardées uniquement dans le serveur et le système de sauvegarde et pas dans les ordinateurs de l’atelier de travail.

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6. Formation

6.1 La formation des Webmasters - Animateurs

Pour la première formation de trois semaines des webmasters du SIP pilote, 16 candidats ont été sélectionnés dont 3 faisaient déjà partie du personnel d’EcoYoff. La détermination des besoins de cette formation profitait d’une réunion du CCL et du processus de sélection. Une spécialiste a été sélectionnée pour créer notre page Web d’introduction. Ingénieur en informatique et formatrice professionnelle en web, elle a planifié la formation avec le responsable de formation au CSE.

Avec l’évolution des compétences, nos propres formateurs ont donné les formations qui ont suivi la première, avec la page SIP de Yoff comme objet et trame des travaux pratiques. Les stagiaires des autres communes ont créé leur propres pages SIP en substituant leurs propres informations, images, logos, etc. au contenu des pages de Yoff. L’annexe 2 présente un calendrier type de nos formations en cascade. Nous sommes arrivés à réaliser de vraies économies par rapport aux tarifs commerciaux pour les formations en HTML avec les démarches suivantes.

Vraies Economies

La première formation du SIP de Yoff donnée dans les bureaux du projet en collaboration avec une professionnelle en page web et un atelier de formation externe (au Centre de Suivi Ecologique) chargé de la validation et de la certification du stage

Les formations suivantes, des autres communes, données par nos propres formateurs et intégrées avec la création des pages web d’introduction de ces communes.

Une moyenne de 5 personnes en total par ordinateur avec 3 ordinateurs disponibles dans une même salle pendant une durée de 12 à 18 h par jour pendant les 3 semaines de formation. Jamais plus d’une personne par ordinateur par session de formation, sauf pendant la création des pages communales.

La méthode d’enseignement en cascade dans laquelle les formateurs professionnels forment et supervisent un petit groupe de stagiaires/formateurs, qui deviennent formateurs du reste du groupe le lendemain de chaque session.

Validation des acquis avec des examens qui exigent de chaque stagiaire de réussir la création d’une page web à partir de matériels inconnus -- ceci est suivi par un rattrapage de ceux qui échouent à l’examen par ceux qui ont réussi, et un re-examen. Validation du premier examen par les formateurs du CSE.

Sélection des meilleurs candidats stagiaires qui ont réussi l’examen, et possibilités pour les autres de venir travailler comme stagiaires.

Ces démarches permettent d'économiser sur le coût de la formation des personnels et de créer un atelier de formation en page web au sein de la structure d'accueil avec une équipe de formateurs capables de dispenser une formation continue.

La formation de deux fois le nombre de stagiaires nécessaires garantit un nombre suffisant de webmasters compétents pour remplacer ceux qui trouvent des emplois plus lucratifs dans le secteur privé et une réserve dont les aptitudes peuvent être augmentées pour l’extension du projet. Cette réserve de webmasters de haut niveau d’instruction s'est ultérieurement avérée utile pour la collecte des informations techniques et culturelles et la saisie des données. Ils peuvent en effet jouer le rôle d’enquêteurs mieux formés sur les besoins du SIP que les enquêteurs moins instruits, formés en tant qu’enquêteurs.

Fausses économies

ne pas prévoir assez de textes pour tous les stagiaires

ne pas donner suffisamment de temps sur l’ordinateur à chaque stagiaire

dans une formation basée sur la méthode cascade, ne pas prévoir de formation pédagogique pour les formateurs-stagiaires.

Le besoin en matériel pédagogique:

A Dakar, il est quasi impossible pour les stagiaires et les étudiants de payer des ouvrages sur l'informatique/Internet (et souvent d’autres sujets d’étude aussi). Dans notre environnement, la photocopie de longs textes coûte plus que les textes eux-mêmes. Les techniciens, enseignants et étudiants ont donc expérimenté des techniques d’apprentissage par voie orale en prenant des notes sans texte de référence. Ceci est une solution plus coûteuse à la longue que l’achat de matériels pédagogiques. Apres avoir commencé sans texte, nous avons trouvé un texte en HTML d’une trentaine de pages. Nous l’avons photocopié et distribué à chaque formateur et à chaque stagiaire. Ceci permet une planification systématique des leçons entre le groupe de formateurs et facilite l’acquisition des connaissances par les stagiaires. Nous avons aussi trouvé un texte de référence sur Internet que nous avons imprimé gratuitement.

Temps individuel sur l’ordinateur:

Nous avons évité cette fausse économie, mais dans les pays en voie de développement, il est considéré comme normal que les centres de formation en informatique ne possèdent pas assez d’ordinateurs pour leurs stagiaires. Il est fréquent que 6 à 12 stagiaires observent pendant qu’un seul travaille sur la machine. Ces centres de formation délivrent des certificats d'aptitude à des stagiaires qui sortent avec très peu de compétences. Ce système ne peut pas servir comme modèle pour la création des SIP parce qu’il est prévu que chaque animateur de SIP travaille de manière autonome comme expert. Donc chaque animateur a besoin de maîtriser totalement l’utilisation des machines.

6.2 L’Utilisation des Enquêteurs

Scénario I, une formation des enquêteurs liée à la création de la page web d’introduction

Dans le scénario I, création du SIP de Yoff, une spécialiste en méthodes de recherche et recherche – action a dispensé la première formation pour les enquêteurs populaires en reliant les méthodes de recherche-action à la collecte des données pour l’annuaire qui se trouve dans la page Web. Pendant cette formation, les enquêteurs ont fait le tour des structures administratives, associations, postes de santé et autres services locaux pour recenser les informations déjà disponibles. Les webmasters saisissaient les données quotidiennement, et réimprimaient les versions mises à jour.

Un cours de cinq jours en journalisme donné par un journaliste de la Radio Nostalgie (station privée) a suivi cette étape ; une formation qui aurait préférablement dû être dispensée aux webmasters, parce que les enquêteurs n’avaient pas le niveau pour l’assimiler. Dès lors, le premier formateur a débuté la formation sur l’enquête démographique, suivie par la supervision/formation continue pendant l’enquête. A la place d’une telle enquête en profondeur, de simples études sectorielles sur les écoles, centres de santé, la pêche et autres secteurs économiques auraient été plus adaptées aux besoins et capacités disponibles.

Méthodologie: Formation - Recherche - Action

La manque d’information écrite sur 80% des structures dans la commune nécessitait une collecte rapide de données en même temps que la formation, parce que la qualité de la page web d’introduction dépendait directement des données inexistantes avant le début du projet. Comme les capacités de nos jeunes, les activités nécessaires, et même les catégories d’informations à collecter étaient mal connues, nous avons adopté une stratégie de recherche-action dans ce cours de formation. Les cours de 2-3 heures chaque soir à partir de 19 ou 20 heures sur la terrasse de la Mairie nous ont permis de présenter les principes de recherche - action et les méthodes de collecte de données en les illustrant avec des simulations " jeu de rôles. " Chaque soir, les stratégies et les buts à achever pour le lendemain étaient formulés comme hypothèses de recherche. La journée suivante se passait dans les " tests des hypothèses" en acceptant le défi de voir s’il est possible de remplir les objectifs prévus la veille. La réunion du soir servait à la restitution des résultats de la journée de travail et reformulation des objectifs. Les stagiaires donnaient au groupe à tour de rôle un rapport sur leurs expériences.

Scénarios II et III : un Démarrage avec les Informations Disponibles

Avant de démarrer les formations des webmasters des communes des Parcelles Assainies et Hann-Bel Air, nous leur avons donné les catégories d’information sur leurs communes qu’ils devaient amener avec eux à la formation. Nous avons imprimé pour eux les sous-sections de notre page SIP qu’ils allaient retravailler avec leurs propres données. A la fin de la première semaine de formation, après une évaluation des données disponibles, nous les avons envoyé chercher autant que possible les informations qui manquaient dans leurs dossiers.

Aux Parcelles Assainies, scénario II, nous prévoyons le besoin d’augmenter les données disponibles avec une enquête systématique faite par les jeunes de leurs associations, que nous aurions besoin de former dans l’utilisation de nos questionnaires. Quant à Hann – Bel Air, scénario III, nous espérons avoir assez de données déjà disponibles, ou bien pouvoir simplement indiquer les catégories d’informations qui manquent sans avoir besoin d’un encadrement de leurs enquêteurs.

Choix des enquêteurs à retenir

Dans le scénario I, à la fin des premières semaines de formation et travail en équipes, nous avons eu assez de temps pour connaître les aptitudes et attitudes des uns et des autres et leur dynamisme dans le contexte d'un travail de groupe. Ceci a beaucoup facilité la définition des rôles et le choix des personnes pour chaque poste. Nous avons décidé de retenir quatre enquêteurs à la Base, et nous avons demandé aux autres enquêteurs de servir bénévolement de temps à autre dans leurs quartiers, en visant une rémunération de leur travail dans des enquêtes futures. Dans le scénario II, nous avons envoyé plusieurs webmasters stagiaires pour une collecte rapide pendant que le reste du groupe perfectionnait leur page. Pour Hann Bel Air, nous nous sommes contentés, dans un premier temps, des informations disponibles.

Nous nous sommes aperçus que les documents historiques peuvent mieux être écrits et signés par les autorités existantes sur ces sujets qui concernent Yoff-Dakar. Cette stratégie permet en outre aux experts de se mettre en contact avec leurs collègues grâce à l’Internet. D'autre part, comme ces experts voudront avoir l’opportunité de s’exprimer gratuitement sur l’Internet, cela allégera le travail des journalistes - enquêteurs et les coûts.

Vraies Economies

Lier la formation aux enquêtes et études sectorielles essentielles.

Si la situation nécessite une formation de près des enquêteurs : organiser les cours théoriques et la supervision le soir, la pratique de la collecte et du reportage pendant la journée;

former et responsabiliser des équipes de quartier;

retenir et former un grand groupe pendant la première période de collecte et de reportage des données de base;

prévoir de consacrer de l’espace sur la page aux écrivains spécialisés (historiens, etc.) qui s'investissent gratuitement sur les sujets de leur choix pour avoir leur nom et leurs publications sur l’Internet.

6.3 La création et le perfectionnement de la première Page Web d’introduction du SIP de Yoff

Pendant les formations, la direction du projet avait préparé les textes et les photos nécessaires à la création d’une page Web d’introduction, en consultation avec le maire de Yoff, et les membres des CST et CCL. Après avoir terminé la formation des animateurs, la spécialiste/formatrice a créé la première version du site Web du SIP. Il était hébergé gratuitement sous un accord informel et provisoire au département d’Informatique de l’UCAD. Par la suite le SIP a établi son propre domaine SIP pour l’hébergement. Le consensus sur la structure et le contenu de la page, à partir des suggestions de l’UNITAR, s'est établi de manière tellement rapide et non-conflictuelle que nous n’avons pas beaucoup de commentaires à faire a cet égard. Cette structure se voit dans la page de Yoff ainsi que celle des deux autres communes. Il y avait au début :

une page d’accueil humoristique, qui essaye d’assister le lecteur pour se souvenir de l’acronyme SIP, tout en tirant l’attention sur l’aspect populaire de ce système d’information, et sur le milieu culturel Sénégalais;

une priorité donnée à des sujets de plus grande importance, bien indexés, en commençant par la mairie suivie par l'administration coutumière et traditionnelle, les services, associations, histoires des quartiers, etc.

Les principes suivants nous ont guidés :

la revue des matériels par tous ceux qui sont concernés par ordre protocolaire;

la limitation dans la première phase à la présentation du secteur public pour ne pas donner gratuitement de la publicité au secteur privé - publicité que les commerçants et les sociétés doivent acheter pour financer la page ;

la limitation également dans la première phase à la présentation de données permanentes, comme les annuaires des services, et les horaires d'ouverture et les tarifs des prestations, et ne pas commencer avec les nouvelles, les fora ou autres informations éphémères.

La raison de cela est que la quantité d’informations de nature plus ou moins fixes est déjà très importante; il nous coûte le même effort pour recenser les données de bases d’une école qui restent en place pour des années que de préparer une page d’annonce de baptêmes publiée pendant deux semaines. Et nous jugeons que ces informations éphémères auront besoin d’attendre les compétences du scénario IV.

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7. La mise en œuvre du SIP

La sélection des sites pour les CIP

Les principes qui ont guidé la sélection des locaux pour les CIP sont:

les institutions clefs, fréquentées par les personnes ayant besoin d'informations;

la présence d’une bonne gestion;

l’enthousiasme pour le projet et la volonté de travailler pour sa réussite.

Dans le cas du télécentre "Week-end", nous avons choisi un centre bien géré ayant déjà un ordinateur. Nous avons signé avec eux un contrat pour la prestation du service pendant un mois test pendant lequel le télécentre nous aiderait avec l’étude du marché.

L’hébergement de la page

La page a été hébergée par le Département d’Informatique de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar qui a beaucoup contribué à la réussite du projet. Cet hébergement permet l’alimentation de la page à distance depuis notre plus grande machine, en utilisant le FTP. Avec cette installation, le projet s’est abonné aussi au courrier électronique.

L’inauguration du SIP et la sensibilisation de la population

La première présentation publique de la page Web à Yoff a eu lieu le 22 novembre 1997, un mois après la signature de la lettre d’accord, à l’occasion de la réunion à la mairie de Yoff d’une soixantaine de personnes pour la cérémonie de restitution des travaux du Forum Civil de Yoff. Ceci se passait huit jours après la date initialement prévue du 14 novembre. Les pages déjà modifiées sur les ordinateurs de l’atelier de travail ont été présentées le 11 décembre au Maire de Dakar, Mamadou Diop, accompagné de son homologue, Thierno Birahim Ndaw, Maire de Kaffrine, (Région de Kaolack) et d’une grande délégation. La prestation de la deuxième version de la page et l’installation du premier CIP pilote au Télécentre "Week-end" se sont faites à partir du 15 décembre.

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8. L'autonomie financière du SIP

8.1 Les Etudes de Marché

La première étude de marché

Une première étude rapide du marché a été menée au mois d’octobre 1997 dans six cybercentres de Dakar ainsi que dans une douzaine de télécentres possédant des ordinateurs pour le traitement de texte.

Cette étude a mis en évidence les faits suivants:

le coût de l'abonnement commercial aux services de l'Internet n’est pas encore à la portée des petites et moyennes entreprises de Dakar.

Il existe une opportunité de créer des accès à l’Internet à Dakar offrant les mêmes prestations mais à un coût plus faible.

La deuxième étude de marché

La présentation de la deuxième version de la page de Yoff a été liée à une étude du marché pour ne pas donner, de façon tout à fait gratuite, l’accès aux informations que nous voulions vendre par la suite. Les résultats de l’étude nous ont convaincu qu’il n’était pas approprié de vendre aux pauvres des contenus que les propriétaires d’ordinateurs connectés à l’Internet peuvent obtenir gratuitement. Par contre, nous avons pu préciser les informations dont la population avaient le plus besoin ; et nous avons confirmé les possibilités de vente des pages web commerciales et les services offerts par les cybercentres.

Nous avons reçu en focus-groupes plus d’une centaine de personnes de différentes couches de la société. C’est ainsi que plusieurs Groupements d’Intérêt Economique (GIE) de femmes, d'artisans, de chefs de service, d'étudiants, d'élèves et d’autre corps de métier ont montré leur intérêt pour ce projet combien important pour le développement futur de la commune de Yoff. Ces focus-groupes nous ont permis d’avoir des suggestions pour l’autofinancement du projet, des félicitations, des encouragements et des critiques (dans le sens positif du terme).

Aperçus de l’étude de marché

L’étude du marché donne les perspectives décrites ci-après. Il faut noter que plusieurs de ces suggestions sont pour des modifications déjà prévues par l'UNITAR et par le projet. Les procès verbaux de quelques focus groupes sont donnés en annexe.

     La plupart des informations avec lesquelles nous avons démarré étaient jugées plus intéressantes pour les non-Yoffois.
     Pour ce qui concerne les informations et services destinés aux Yoffois:

Les informations de la page web peuvent intéresser les Yoffois, mais après les améliorations suivantes:

présentation des nouveaux quartiers (les " 27" cités qui sont maintenant dans la page)

meilleure présentation, plus détaillée, de Yoff (origines de Yoff, île de Yoff, etc.)

informations plus précises et plus détaillées sur les superficies, les populations, les quartiers, les associations, etc.)

Nous avons basé nos améliorations de la page et la création de notre cybercentre et système d’email populaire sur les besoins suivants exprimés dans les résultats de l’étude.

informations d’utilité économique

informations sur les réalités économiques du village

informations sur des services précis dont la population de Yoff a besoin (environnement, assainissement, titres fonciers, etc.)

un e-mail abordable

un accès à l’Internet

la publicité dans l’annuaire commercial des abonnés, sur les autres sites du Sénégal et surtout sur l’Internet

En ce qui concerne les informations destinées à un public externe:

pour les touristes: informations touristiques et culturelles, plus de photos, plus d’informations sur les atouts de Yoff

pour les investisseurs: publicité sur les capacités économiques de Yoff comme site d’investissement, plus de renseignements sur les services disponibles à Yoff - proximité de l’aéroport international, communications professionnelles, hébergement, informations qui permettent aux opérateurs de travailler dans de meilleures conditions

Pour les bailleurs de fonds et les chercheurs: une information sur le développement/ environnement, assainissement; les bases de donnés pour la recherche, etc.

8.2 La vente des services du cybercentre, création des pages web, saisie de texte, etc.

Il suffit de dire que le SIP de Yoff est toujours à la recherche de la rentabilité totale. Les tarifs communautaires de notre cybercentre ne suffisent pas à couvrir le coût exorbitant de l’Internet. Par contre, la création et la vente des pages web publicitaires sont plus rentables et pourront à l’avenir devenir une source de revenu importante.

Nous attendons toujours l’opportunité d’intégrer la communication traditionnelle dans le SIP. Les griots traditionnels participent au travail de collecte d’information qu’ils voudront aussi vendre en versions imprimées à partir du Cybercentre afin de les distribuer contre une modique somme. Ceci leur facilitera leur tâche difficile d’informateur traditionnel (crieur public). Le griot le plus connu de Yoff a déjà exprimé son intérêt à vendre ses annonces à travers la page web.

  1. En conclusion

Le chemin est long et les SIP de Dakar profiteraient d’un appui continu pour la recherche et le développement de leurs capacités. Ceci devient de plus en plus important vue la vitesse de l’évolution de l’informatique et des utilisations de l’Internet et les vastes sommes financières mises à la disposition des développeurs et utilisateurs des pays industrialisés. Un tel appui se justifie en tant qu’investissement, vu qu’une bonne informatisation règle bien des problèmes de gestion et d’aménagement à de multiples niveaux dans les pays en voie de développement. En outre, la vente des produits à travers l’Internet ouvre des perspectives prometteuses de lutter contre la pauvreté en Afrique.

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